Lancé en novembre 2019, le projet de recherche CosmoCem s’inscrit dans une ambition claire : réduire l’empreinte carbone du ciment en développant des matières réactives alternatives au clinker, dont la fabrication est le principal contributeur aux émissions de CO₂ du secteur. Pour y parvenir, le projet mise sur la transformation de déchets et matières secondaires locales, sans filière de recyclage jusqu’à présent.
Des ressources locales au cœur de l’innovation
Au cœur de CosmoCem se trouve ainsi la valorisation de ressources wallonnes aujourd’hui sous-exploitées : scories d’aciérie, fractions ultimes issues de plateformes de recyclage de matériaux de construction, matériaux argileux provenant de la découverture de carrières, boues de lavage de granulats ou de bétons recyclés, sédiments de dragage… Autant de flux hétérogènes appelés à devenir des alternatives crédibles et bas carbone au clinker.
Un consortium inédit au service du projet
Pour relever ce défi technologique et industriel, CosmoCem s’appuie sur un consortium inédit associant industries, universités et centres de recherche.
Les industriels Duferco Wallonie, Tradecowall et SBMI assurent la préparation, le tri et la fourniture des déchets à valoriser ; le Centre Terre et Pierre, centre de recherche expert en traitement minéral, évalue et teste les modes d’activations des matières ; le département Chemical Engineering de l’ULiège réalise l’évaluation environnementale globale ; le CRIC, centre de recherche de l’industrie cimentière, valide les performances mécaniques et la durabilité des matériaux et le bureau Lessine conçoit l’ingénierie de l’installation pilote. Le projet bénéficie en outre d’une collaboration étroite avec le département Recherche & Développement de Heidelberg Materials, ainsi qu’avec les équipes des laboratoires de l’entreprise en Belgique et aux Pays-Bas.
La singularité de CosmoCem réside dans sa capacité à intégrer une grande diversité de déchets au sein d’un même procédé. Une complexité maîtrisée grâce à l’intelligence artificielle, développée en partenariat avec Indao, qui permettra de piloter la variabilité des matières entrantes sur la base de critères de performance, de qualité, d’impact environnemental et de viabilité économique.
Du laboratoire à l’échelle semi-industrielle
Après une première phase menée avec succès en laboratoire, CosmoCem franchit aujourd’hui une étape décisive en passant à l’échelle semi-industrielle. Cette montée en puissance vise à concrétiser et à valider une technologie innovante, développée localement et pensée pour répondre à la fois aux enjeux climatiques et aux réalités industrielles.
Aujourd’hui, cette ambition prend forme sur le site de Lixhe, où une installation pilote est actuellement en cours de construction. Elle intégrera, à terme, l’ensemble du processus de préparation, de traitement et d’activation thermique des matières — développé en collaboration avec le Centre Terre et Pierre et Lessine — en vue de produire de nouveaux ciments bas carbone.
L’avenir industriel en action
Rendu possible grâce au soutien de la Région wallonne, via les subsides octroyés dans le cadre de GreenWin, le projet CosmoCem illustre concrètement la capacité de la Wallonie à faire émerger des solutions industrielles innovantes et durables. En valorisant localement des ressources jusqu’ici sans débouchés, CosmoCem démontre que la transition vers une industrie bas carbone passe par une économie plus circulaire créatrice de valeur, garante de la pérennité des filières industrielles et porteuse d’emplois durables.